Aurions-nous pu continuer à ignorer l'existence de ce maître de l'histoire culturelle américaine, Augustus SaintGaudens, sculpteur de la fin du siècle dernier, dont l'enracinement dans le Comminges n'est pas le moindre de ses héritages ? Le Musée des Augustins répare cet oubli jusqu'au 30 mai.

Riche de trois cultures, hautes en valeurs et fortes en Histoire : la française marquée par le sud-ouest pyrénéen, transmise par son père, l'irlandaise par sa mère ancienne ouvrière en chaussures de Dublin, l'américaine exprimée dans toute l'importance que revêtent dans son oeuvre, les valeurs que ce nouveaumonde imposait déjà. Tel nous apparaît cet artiste inconnu de beaucoup d'entre nous, Augustus Saint-Gaudens que le Musée des Augustins présente jusqu'à la fin mai (1).

Augustus Saint-Gaudens : un maître de l'Amérique qui commence à s'enrichir, forte de sa paix et de son unité retrouvées. Une Amérique qui commence à avoir besoin de fondre dans le bronze, les traits aussi proches que possible de leur vérité, des citoyens qui gagnent leur paradis en faisant de l'argent ici-bas : l'argent des premiers chemins de fer ; l'argent des grands propriétaires.

Cette Amérique des villes qui s'ébroue dans le dollar au plus profond des vertes vallées se reconnaît dans ce fils d'immigré français, on peut même oser : «immigré occitan».

Fils d'ouvrier devenu bottier chic

Le père d'Augustus cordonnier à Aspet en Comminges, est en effet passé par Salies-du- Salat, puis Carcassonne, Paris, et Londres. Il est toujours ouvrier dans la chaussure quand à Dublin, il croise à l'usine celle qui deviendra sa femme, et la mère de celui que l'on nomme aujourd'hui dans le centre culturel du New-Hampshire où Augustus Saint-Gaudens s'était retiré en fondant une colonie d'artistes : le chef de file de la renaissance américaine.

Augustus Saint-Gaudens est né à Dublin né le 1-er mars 1848 Quelques mois après ses parents rompent les amarres vers l'eldorado des Européens qui crèvent de faim : NewYork.

Augustus va y grandir comme un enfant de ce continent où la fusion sociale s'opère dans la nécessité de construire une société descendue de ses chariots. Il sera très tôt placé en apprentissage chez un bijoutier français. Son père devient un bottier connu, aisé à l'enseigne des «Dames de France».

Augustus reviendra à Paris pour y suivre l'enseignement de l'Ecole des Beaux-Arts. Il a dix-neuf ans. Il se formera également à Rome, et aujourd'hui, il est question de jumeler le petit village du piémont pyrénéen où son père décida de s'exiler, avec sa riche maison devenue site culturel national américain (2).

[NOTE] ______ (1) 21-rue de Metz à Toulouse- de 10-heures à 18-heures-tous les jours sauf le mardi. Nocturne le mercredi jusqu'à 21-heures. Visites commentées possibles. Contacts : 05.61.22.21.82. (2) Une association toulousaine Les amis d'Augustus Saint-Gaudens travaille à ce jumelage. Adresse : 117 rue Henri Desbals-Tel : 05.61.44.21.34

vivianeL'association Les Amis d'Augustus Saint-Gaudens, loi 1901, a été créée en août 1988, pour célébrer la mémoire et mieux faire connaître Augustus Saint-Gaudens (1848-1907), célèbre sculpteur américain de souche aspétoise. Cette association est en constante relation avec les organisations Outre-Atlantique et les Musées. De 1988 à 2009, sa présidente Françoise Sarradet a dynamisé cette mission à caractère culturel, social et éducatif. La démission de Françoise Sarradet, fondatrice et présidente, a donné lieu à une assemblée générale en 2009 : Viviane Jullien-Palletier a été élue présidente et a donné une deuxième orientation à l'association « les migrants pyrénéens vers le continent américain ».